Guide de traçabilité pour studios de tatouage en Suisse

L'art. 62 ODAlOUs et l'ordonnance du DFI sur les objets en contact avec le corps humain (RS 817.023.41) art. 4 à 7 régissent les studios de tatouage suisses. Le matériel pénétrant la barrière cutanée doit être à usage unique stérile OU stérilisé avant chaque usage (art. 7). La directive OFSP « Bonnes pratiques de travail » du 16 août 2018 et la directive OFSP 2018/2 du 16 avril 2018 encadrent l'exécution. La SN EN 17169:2020 (Tatouage — Pratique sûre et hygiénique) est la norme européenne de référence. Le règlement REACH annexe XVII entrée 75, transposé en droit suisse via l'amendement DFI du 8.12.2023 et contraignant depuis le 1.2.2025, interdit le Pigment Blue 15:3 et le Pigment Green 7. Une autorisation cantonale supplémentaire est exigée uniquement à Genève et Neuchâtel.

Étape 1 : Réception et tri des instruments

À la fin de chaque séance, les instruments réutilisables (tubes, grips, pinces) sont immédiatement placés dans un bac de pré-désinfection. Les instruments à usage unique (aiguilles, buses, godets) sont jetés dans le conteneur de déchets médicaux. Ne jamais mélanger les deux catégories.

Étape 2 : Nettoyage et conditionnement

Après la pré-désinfection (durée selon le produit), les instruments sont rincés, séchés, puis placés dans des sachets de stérilisation conformes à la SN EN 868. Chaque sachet est scellé et porte un indicateur de passage (ruban autoclave de classe 1 selon la SN EN ISO 11140-1). Le sachet est daté et numéroté.

Étape 3 : Cycle autoclave

Les sachets sont placés dans l'autoclave. En Suisse, la SN EN 17169:2020 (Tatouage — Pratique sûre et hygiénique) est la norme européenne de référence ; la classe B selon la SN EN 13060 est le standard pratique pour tout instrument réutilisable, en complément des aiguilles et cartouches stériles à usage unique. Le cycle recommandé est 134 °C / 5,5 min ; pour les actes à très haut risque, le cycle 134 °C / 18 minutes (selon l'OMCJ, RS 818.101.21) peut être appliqué. L'autoclave imprime un rapport (ticket ou fichier) à la fin du cycle. Ce rapport est la preuve que les paramètres ont été atteints.

Avant la première charge de la journée, effectuez un test de Bowie-Dick ou Helix pour vérifier la pénétration de la vapeur.

Étape 4 : Étiquetage et date limite d'utilisation

Après le cycle, chaque sachet reçoit une étiquette de traçabilité indiquant : le numéro de cycle, la date de stérilisation, la date limite d'utilisation (la Suisse n'a pas de durée d'archivage codifiée — la GPA 2022 et le KIGAP recommandent l'alignement sur la SN EN 868 et la SN EN ISO 11607 ; généralement 1 à 2 mois pour un sachet simple), et l'identification du contenu.

Avec un logiciel de traçabilité, l'étiquette peut inclure un QR code reliant directement le sachet au rapport du cycle autoclave. Le sachet est ouvert devant le client pour démontrer que l'instrument est stérilisé et dans sa date limite d'utilisation.

Étape 5 : Stockage

Les sachets stérilisés sont stockés dans un espace propre, sec, fermé et à l'abri de la poussière. Le principe du premier entré, premier sorti (FIFO) s'applique : les sachets les plus anciens sont utilisés en premier. La zone de stockage est séparée de la zone de travail — la directive OFSP « Bonnes pratiques de travail » du 16 août 2018 recommande une séparation claire entre la zone contaminée (pré-désinfection), la zone propre (conditionnement et autoclave) et le stockage stérile. La salle de tatouage doit être utilisée exclusivement pour l'activité de tatouage, séparée de la zone de réception et d'attente.

Étape 6 : Enregistrement et archivage

Chaque cycle est enregistré dans le registre de stérilisation avec : date, heure, numéro de cycle, paramètres (température, pression, durée de maintien), résultat (conforme / non conforme), identité de l'opérateur. Le rapport autoclave est conservé (sur papier ou en fichier numérique). La Suisse n'a pas de durée d'archivage codifiée dans l'ODim ; la pratique professionnelle reconnue est de conserver à long terme pour la responsabilité civile. Ces documents doivent être accessibles lors d'un contrôle de l'autorité cantonale d'exécution (SCAV / SAAV / Laboratoire cantonal selon le canton).

Chaque séance de tatouage, piercing ou maquillage permanent doit également être documentée : données du client (nom, pièce d'identité, consentement éclairé signé avec déclaration de l'état de santé, vérification de l'âge), description du travail effectué, instruments utilisés (avec référence au cycle de stérilisation), encres ou produits utilisés (numéro de lot, fabricant, conformité au règlement REACH annexe XVII entrée 75 — Pigment Blue 15:3 et Pigment Green 7 interdits en Suisse depuis le 1er février 2025 via l'amendement DFI du 8 décembre 2023), et tout incident éventuel. La vaccination contre l'hépatite B de l'opérateur est recommandée comme bonne pratique en Suisse.

Le cadre fédéral suisse : Meldepflicht + escalation cantonale à Genève et Neuchâtel

Tout studio de tatouage en Suisse doit annoncer son activité à l'autorité cantonale d'exécution depuis le 1er mai 2017 (art. 62 ODAlOUs, RS 817.02 — déclaration fédérale obligatoire, contraignante depuis le 1er mai 2018). L'ordonnance du DFI sur les objets en contact avec le corps humain (RS 817.023.41) art. 4 à 7 fixe les obligations : devoir de diligence (art. 4), exigences sur les couleurs (art. 5), hygiène des encres (art. 6), matériel stérile à usage unique ou stérilisé (art. 7). L'EDI-Verordnung art. 3 définit le maquillage permanent comme microimplantation de pigments à durabilité plus faible que le tatouage — mêmes obligations que pour le tatouage.

La directive OFSP 2018/2 du 16 avril 2018 et la directive OFSP « Bonnes pratiques de travail » du 16 août 2018 encadrent l'exécution cantonale. Une autorisation cantonale supplémentaire (Bewilligungspflicht) est exigée uniquement à Genève et Neuchâtel — tous les autres cantons appliquent uniquement la déclaration fédérale. Pour les tatoueurs travaillant en conventions ou guest spots, le cadre fédéral suisse s'applique partout — un registre numérique portable comme SecuSteri permet de présenter la conformité à tout contrôle de l'autorité cantonale d'exécution, quel que soit le canton. Le label HQ du VST (Verband Schweizerischer Berufstätowierer) est un label privé — ce n'est pas un certificat fédéral ou cantonal.

Erreurs fréquentes

Ne pas remplir la fiche immédiatement après le cycle (oubli). Ne pas inscrire la date limite d'utilisation sur le sachet. Stocker les sachets dans un tiroir ouvert ou exposé à l'humidité. Ne pas effectuer le test de Bowie-Dick quotidien. Ne pas conserver les rapports autoclave. Utiliser un sachet dont la date limite d'utilisation est dépassée sans retraitement. Ne pas documenter les encres avec le numéro de lot et la conformité REACH (Pigment Blue 15:3 et Pigment Green 7 interdits depuis le 1.2.2025). Ne pas recueillir le consentement éclairé signé avec déclaration de l'état de santé avant chaque séance. Ne pas annoncer la nouvelle activité ou le changement d'adresse à l'autorité cantonale d'exécution au titre de l'art. 62 ODAlOUs. À Genève et Neuchâtel, oublier de déposer la demande de Bewilligungspflicht cantonale en plus de la Meldepflicht fédérale.

Ressources complémentaires

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